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GFA agricole : un outil pour transmettre son patrimoine

Transmission d'un patrimoine foncier agricole entre deux générations d'agriculteurs grâce à un Groupement Foncier Agricole (GFA).
La transmission d'une exploitation agricole se prépare plusieurs années à l'avance afin de préserver le patrimoine familial, transmettre les terres agricoles et assurer la continuité de l'exploitation.

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Transmission agricole : pourquoi le foncier devient souvent le principal problème

Lorsqu’un agriculteur prépare la transmission de son exploitation, la question du foncier arrive presque toujours au centre des discussions.

Après plusieurs décennies d’activité, la terre représente fréquemment la part la plus importante du patrimoine familial.

Cette situation soulève plusieurs difficultés :

  • comment transmettre à plusieurs enfants sans diviser les terres ?
  • comment permettre à un repreneur de poursuivre l’exploitation ?
  • comment éviter les conflits entre héritiers ?
  • comment limiter le coût fiscal de la succession ?
  • comment protéger l’unité économique de l’exploitation ?

Sans anticipation, les conséquences peuvent être lourdes :

  • morcellement progressif des parcelles ;
  • indivision familiale conflictuelle ;
  • difficultés d’installation du repreneur ;
  • vente forcée d’une partie du patrimoine.

C’est précisément pour répondre à ces problématiques qu’a été créé le Groupement Foncier Agricole (GFA).

Qu'est-ce qu'un Groupement Foncier Agricole (GFA) ?

Le Groupement Foncier Agricole est une société civile spécifiquement conçue pour détenir du foncier agricole.

Concrètement :

  • le GFA devient propriétaire des terres ;
  • les associés détiennent des parts sociales ;
  • le foncier reste regroupé dans une structure unique.

L’objectif historique du GFA est simple :

préserver l’unité du patrimoine foncier agricole et faciliter sa transmission entre générations.

Au lieu de transmettre directement les parcelles, les propriétaires transmettent progressivement des parts sociales.

Cette différence est fondamentale.

Les héritiers deviennent associés d’une structure commune au lieu de se partager physiquement les terres.

Pourquoi le GFA est-il devenu un outil majeur de transmission agricole ?

Préserver l'unité foncière de l'exploitation

Le premier avantage du GFA est d’éviter le morcellement.

Imaginons une exploitation de 120 hectares détenue par un couple ayant trois enfants.

Sans organisation particulière, chaque héritier peut recevoir une partie du foncier.

Au fil des générations, l’exploitation se fragmente progressivement.

Le GFA permet d’éviter cette situation.

Les terres restent regroupées dans une seule structure tandis que les héritiers reçoivent des parts sociales.

Faciliter l'installation d'un repreneur

L’acquisition simultanée :

  • des terres ;
  • du matériel ;
  • des bâtiments ;
  • du cheptel ;

représente souvent un investissement considérable.

Grâce au GFA, le foncier peut rester détenu par la famille tandis que le repreneur concentre ses ressources financières sur le développement de son activité.

Éviter les blocages liés à l'indivision

L’indivision est souvent source de tensions.

Le GFA permet de fixer à l’avance :

  • les règles de gouvernance ;
  • les conditions de vote ;
  • les modalités de cession ;
  • les pouvoirs du gérant.

Cette organisation sécurise durablement les relations entre associés.

Organiser des donations progressives

Plutôt que transmettre directement les terres, les parents peuvent donner progressivement des parts sociales.

Cette stratégie permet :

  • d’anticiper la succession ;
  • de préparer la relève ;
  • d’étaler les transmissions dans le temps ;
  • de réduire les risques de conflits familiaux.
Comparaison entre une transmission agricole sans GFA et avec GFA montrant les avantages du Groupement Foncier Agricole pour préserver l'unité du patrimoine foncier.

Comment fonctionne un GFA ?

Pour constituer un GFA, il faut au minimum deux associés.

Le capital peut être composé :

  • d’apports en numéraire ;
  • de terres agricoles ;
  • de bâtiments agricoles ;
  • de certains droits immobiliers à usage agricole.

 

Les associés détiennent des parts sociales proportionnelles à leurs apports.

Le groupement est administré par un gérant désigné dans les statuts.

Mon avis

Je constate que beaucoup d’agriculteurs s’intéressent au GFA principalement pour ses avantages fiscaux. Pourtant, selon moi, son véritable intérêt est souvent ailleurs.

Dans de nombreuses transmissions agricoles, le principal risque n’est pas l’impôt, mais l’indivision. Lorsque plusieurs héritiers deviennent propriétaires des terres, les décisions peuvent rapidement se compliquer et fragiliser l’avenir de l’exploitation.

Le GFA permet justement d’éviter ce risque en conservant le foncier dans une structure unique, tout en répartissant les parts entre les héritiers. C’est souvent ce qui permet de préserver durablement l’unité du patrimoine familial et la continuité de l’exploitation.

👉 Bien utilisé et anticipé suffisamment tôt, le GFA constitue l’un des outils les plus efficaces pour préparer une transmission agricole sereine.

Les différents types de GFA

Le GFA familial

Le plus répandu.

Il est principalement utilisé pour organiser la transmission du patrimoine foncier au sein d’une même famille.

Le GFA bailleur

Le groupement détient les terres et les loue à un exploitant via un bail rural.

Cette configuration est très fréquente lors de l’installation d’un enfant repreneur.

Le GFA exploitant

Le groupement participe directement à l’exploitation agricole.

Cette solution nécessite une analyse juridique plus approfondie.

La fiscalité du GFA : un avantage majeur pour les familles agricoles

Le succès du GFA s’explique également par son régime fiscal favorable.

Une fiscalité avantageuse en matière de donation et de succession

Sous certaines conditions, les parts de GFA bénéficient d’un régime de faveur lors des transmissions.

Depuis la loi de finances pour 2023, deux dispositifs coexistent.

Engagement de conservation de 5 ans

L’exonération de 75 % jusqu’à 600 000 € s’applique lorsque les biens ruraux loués à long terme ou les parts de GFA sont conservés pendant 5 ans à compter de la transmission.

Au-delà de 600 000 €, l’exonération est de 50 %.

Engagement de conservation de 18 ans au total

Le plafond de l’exonération de 75 % est porté à 20 millions d’euros lorsque le bénéficiaire s’engage à conserver les biens pendant 18 ans au total, soit :

  • 5 ans de conservation initiale ;
  • puis 13 années supplémentaires d’engagement

Exemple

Un GFA valorisé à 800 000 € est transmis aux enfants.

Avec un engagement de conservation de 5 ans :

  • les premiers 600 000 € bénéficient d’une exonération de 75 % ;
  • les 300 000 € suivants bénéficient d’une exonération de 50 %.

La base taxable est donc fortement réduite.

Une exonération partielle d'IFI

Lorsque les terres détenues par le GFA sont données à bail à long terme, les parts peuvent bénéficier d’une exonération partielle d’IFI :

  • 75 % jusqu’à 100 000 € ;
  • 50 % au-delà.

 

Pour certaines familles, cet avantage représente un levier patrimonial supplémentaire.

Schéma expliquant le fonctionnement d'un GFA agricole lors de la transmission des terres agricoles entre parents, repreneur et héritiers.

GFA et Pacte Dutreil : faut-il choisir ?

Pas nécessairement.

Le GFA et le Pacte Dutreil poursuivent des objectifs différents.

Le GFA organise la détention et la transmission du foncier.

Le Pacte Dutreil vise la transmission d’une entreprise ou de titres de société.

Dans certaines situations, ces deux outils peuvent être utilisés ensemble afin d’optimiser une stratégie globale de transmission.

GFA et holding agricole : complément ou alternative ?

Le GFA protège le foncier.

La holding agricole organise davantage le patrimoine professionnel et les participations sociétaires.

Ces deux structures répondent à des objectifs différents mais peuvent parfaitement être complémentaires dans une stratégie patrimoniale agricole.

→ À lire également : Holding agricole : pourquoi de plus en plus d’exploitants structurent leur patrimoine professionnel via une société holding ?

Les principales limites du GFA

Avant toute création, il est important de connaître les contraintes :

  • liquidité parfois limitée ;
  • revente des parts souvent encadrée ;
  • responsabilité des associés ;
  • nécessité de rédiger des statuts solides ;
  • gouvernance familiale à anticiper.

 

Le GFA reste un excellent outil, à condition d’être intégré dans une stratégie patrimoniale cohérente.

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FAQ – Tout savoir sur le GFA agricole

Préserver l’unité foncière de l’exploitation et faciliter sa transmission.

Au minimum deux.

Oui, c’est même l’une des utilisations les plus fréquentes.

Le GFA est exclusivement dédié au foncier agricole tandis qu’une SCI peut détenir tout type d’actif immobilier.

Sous certaines conditions, elles bénéficient d’une exonération de 75 % jusqu’à 600 000 € selon la durée de conservation, puis de 50 % au-delà.

Oui, partiellement, sous certaines conditions liées notamment au bail à long terme.

Pas toujours. Les statuts prévoient souvent des clauses d’agrément ou de préemption.

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Léandre Avril
Conseiller en gestion de patrimoine - Spécialisé agricole

Article rédigé par :

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